Les artistes de Vaux-le-Vicomte

Louis Le Vau 

Afficher l'image d'origine     Louis Le Vau est un architecte français né à Paris en 1612 et mort dans cette même ville le 11 octobre 1670.

Contemporain des deux Mansart et de Jacques Lemercier, Louis Le Vau a été un des créateurs du classicisme français (le style « Louis XIV ») qu’il sut marier de manière impressionnante avec le style baroque. Il a créé un style distingué par la simplicité des constructions et l’élégance des décorations. Son plus grand ouvrage demeure le château de Vaux-le-Vicomte.

À ne pas confondre avec son frère François Le Vau (1613-1676), architecte de l’église Saint-Louis-en-l’Île à Paris.

Louis Le Vau est issu d’un humble milieu social, son grand-père maternel était maréchal-ferrant à Montagny-en-Vexin et son père Louis Le Veau, était tailleur de pierre à Paris jusqu’en 1634 où il devint entrepreneur et forma ses deux fils Louis et François. C’est auprès de grands entrepreneurs comme Michel Villedo, sur les chantiers, et à la lecture des traités techniques et d’architecture (Manière de bastir pour toutes sortes de personnes de Pierre Le Muet) que Le Vau trouva la formation que sa famille ne pouvait lui offrir. Ainsi Michel Villedo eut un rôle important dans les premiers chantiers d’envergure de l’architecte Louis Le Vau avec l’hôtel de Guillaume de Bautru en 1634 et celui de François Petit en 1638, rue de Turenne. Il fut probablement patronné par un protecteur comme Jean-Baptiste Lambert ou Louis Hesselin.

Il obtient la reconnaissance pour la construction d’hôtels particuliers dans l’Île Saint-Louis dans les années 1640 et 1650. Il devient célèbre en 1654 quand il devient le principal architecte de Louis XIV (Premier architecte du Roi). En 1656, Nicolas Fouquet lui commande la construction du Château de Vaux-le-Vicomte, dans lequel il vise le grandiose plutôt que le strict respect des canons de l’architecture classique. Après 1660, il travaille pour le Roi : il complète le château de Vincennes en construisant les pavillons du Roi et de la Reine, l’hôpital de la Salpêtrière, retravaille la façade des Tuileries, reconstruit la Galerie d’Apollon au Louvre et y réalise quelques autres aménagements. Peu avant la fin de sa vie, il fait quelques rénovations et agrandissements au château de Versailles, puis dessine le Collège des Quatre Nations.

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Charles Le Brun

Biographie 1619-1690

Charles Le Brun (ou Lebrun) est le fils du sculpteur Nicolas Le Brun qui travailla à l’hôtel particulier du Chancelier Pierre Séguier (1588-1672). Séguier apparient à la haute magistrature et il deviendra le protecteur de l’académie. Dès l’âge de onze ans, le jeune Charles est remarqué par Séguier qui le loge dans son hôtel et lui donne pour professeur le peintre Simon Vouet (1590-1649). Le Brun commence à produire sous la direction de Séguier à partir de l’âge de quinze ans. Le grand maître du classicisme Nicolas Poussin (1594-1665) prend ensuite le relai de Vouet auprès de Le Brun. Le jeune peintre va accompagner Poussin à Rome en 1642 et il y restera quatre ans. Bien entendu, pour se former, Le Brun copie les antiques romains mais aussi Raphaël, les Carrache et Pierre de Cortone. Il peint également plusieurs tableaux dans le style histoire antique.

Charles Le Brun. Pierre Séguier, chancelier de France (1655-1661).

Charles Le Brun. Pierre Séguier, chancelier de France (1655-1661)

En 1646, Le Brun est de nouveau à Paris. Avec l’appui de Séguier il obtient immédiatement d’importantes commandes. L’influence de Séguier lui permet également d’obtenir de Mazarin (1602-1661) la fondation de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1648. Il en devient secrétaire. Lorsque Nicolas Fouquet (1615-1631), le richissime surintendant des Finances, lui propose de décorer son château de Vaux-le-Vicomte, Le Brun peut déployer toute la palette de son savoir-faire.  Murs, plafonds, sculptures, tapisseries, jardins sont réalisés sous sa direction de 1656 à 1661.

La disgrâce de Fouquet n’atteint pas Le Brun. Il travaille en effet également pour Colbert (1619-1683) et pour le roi Louis XIV (1638-1715). En 1663, Colbert le nomme directeur de la manufacture des Gobelins spécialisée d’abord dans les tapisseries mais qui fabriquera également des meubles  et objets d’art à partir de 1667. Entre le Brun et Louis XIV, il y a des affinités esthétiques (goût du classique, de la grandeur, de la solennité) que le peintre saura parfaitement mettre au service des ambitions du grand roi. Les commandes royales se succèdent, en particulier une série de grands tableaux historiques illustrant la gloire d’Alexandre : Entrée d’Alexandre dans Babylone (1664). Directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663, Premier peintre du Roi en 1664 (avec une pension annuelle de 12 000 livres), Charles Le Brun incarne la réussite artistique. Mais la grande affaire est évidemment la décoration du château de Versailles dont il est chargé à partir de 1661. Il y travaillera pendant trente ans, supervisant et dirigeant les réalisations de plusieurs centaines d’artistes et d’artisans. Ses réalisations personnelles sont impressionnantes eu égard à toutes les responsabilités qu’il assumait : escalier des Ambassadeurs, galerie des Glaces, salons de la Paix et de la Guerre. La puissance de travail de Le Brun est exceptionnelle.

Au début des années 1670, il travaille à la décoration du Château de Sceaux, propriété de Colbert. Lorsque le marquis de Louvois (1641-1691) succède à Colbert au poste de surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures, en 1683, il remplace Le Brun par Pierre Mignard (1612-1695). Le Brun se retire alors et il décède à Paris en 1690.

Œuvre

Charles Le Brun, grand peintre, grand décorateur, a mis tout son talent et son énorme capacité de travail au service de la monarchie absolue. Premier peintre du roi pendant la période la plus prospère et la plus glorieuse du règne de Louis XIV, il fut chargé de magnifier par l’art la splendeur et la puissance du souverain. Son influence fut considérable car elle ne se limite pas à l’exécution de tableaux ou décorations picturales. En tant que directeur de la manufacture des Gobelins, il imprima sa marque au mobilier et aux tapisseries de l’époque. En tant que directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture, il édicta les rigoureux principes de l’art académique qui trouvèrent des adeptes dans toute l’Europe jusqu’à la fin du 19e siècle.

Son art a été qualifié de narratif car la couleur et l’éclairage sont exclusivement au service du sujet représenté. La signification est primordiale ; il s’agit d’expliciter un thème en utilisant des moyens picturaux. Les personnages doivent exprimer sans ambiguïté leurs émotions, la scène dans son ensemble doit être porteuse de sens. C’est à l’esprit que l’on s’adresse par la médiation de l’émotion artistique. Cette approche correspondait parfaitement à la demande du souverain : la décoration de ses palais devait clairement contribuer à sa glorification.

Charles Le Brun. Entrée d'Alexandre dans Babylone (1664)

Charles Le Brun. Entrée d’Alexandre dans Babylone (1664)

En 1671 éclate la controverse entre les « poussinistes », soutenant la prééminence du dessin, et les « rubénistes », partisans de la couleur. Le Brun prend nettement position pour le dessin. Pour les rubénistes, la peinture a pour objectif de procurer un plaisir esthétique et c’est par sa hardiesse dans le traitement de la couleur et de la lumière qu’elle y parvient. La conception de Le Brun est radicalement différente. Pour lui, la peinture est un moyen d’expression comme la littérature, le théâtre ou la poésie. Il ne s’agit pas de s’amuser avec couleur et lumière pour produire une émotion mais de signifier, de raconter, de faire comprendre. La conception académique de la peinture est donc très didactique, voire pédagogique. Est-ce à dire que sa fonction décorative est inexistante ? De toute évidence, non. Il suffit de regarder la splendeur de Versailles et de ses décors. Mais on ne trouvera pas là les audaces baroques des Italiens ou de Rubens. La couleur reste sage : beaucoup de nuances de brun et d’ocre sous une lumière douce.

 

André Le Nôtre: CONTRÔLEUR GÉNÉRAL DES BÂTIMENTS, ARTS ET MANUFACTURES DE FRANCE (1613-1700)

Roi des jardiniers et jardinier du Roi, Le Nôtre donna ses lettres de noblesse au jardin à la française. Il fut l’auteur des plus beaux jardins du XVIIe siècle et fit de Versailles son chef-d’œuvre absolu. Ses talents lui valurent une fortune colossale et une réputation internationale.

Biographie

Au service de la monarchie dès 1635, Le Nôtre entame sa carrière comme jardinier de Gaston d’Orléans, oncle de Louis XIV. Issu d’une famille de jardiniers du Roi dès le XVIe siècle, il se forme dans le jardin des Tuileries qu’il modifie en 1666-72, créant au-devant la vaste perspective des Champs-Elysées. Ses travaux pour Fouquet à Vaux-le-Vicomte en 1656-61 lui attirent gloire et fortune.

Louis XIV le prend à Versailles dès 1662 tandis qu’il travaille aux jardins de Chantilly pour le Grand Condé. Sur la base du jardin primitif de Louis XIII, Le Nôtre aménage près du Château deux grands parterres nord et sud. Il remodèle le grand axe est-ouest qu’il entend prolonger dans une perspective sans fin. S’il conserve la déclivité naturelle du terrain au nord, le reste est en revanche remodelé à force d’hommes.

A Versailles, Le Nôtre peaufine ses conceptions en matière de jardin : des axes principaux entrecoupés d’allées secondaires délimitent les bosquets ; treillages et charmilles forment de vastes murs de verdure qui soulignent les perspectives ;  des allées obliques ou sinueuses mènent aux bosquets afin de ménager la surprise du visiteur ;  des décors et  jeux d’eau originaux contrastent avec la rigoureuse symétrie des masses boisées. Utilisant toutes les ressources de l’eau, Le Nôtre joue sur l’ombre et la lumière en passant d’espaces obscurs (bosquets) à des zones plus éclairées (parterres). Parterres et allées principales sont jalonnés de statues et d’ifs taillés dans les formes les plus étonnantes qui font de Versailles un haut lieu de l’art topiaire.

Ce savant équilibre entre symétrie des axes et fantaisie des masses est appliqué avec plus ou moins de rigueur dans les autres grandes réalisations du jardinier : Saint-Cloud pour le duc d’Orléans (1665) ; Sceaux pour Colbert (1670-77) ; Clagny pour Madame de Montespan (1674)… Outre Versailles, Le Nôtre réalise pour le roi la grande terrasse de Saint-Germain (1669-72) et les jardins de Trianon (1672-88). Anobli en 1675, il bénéficie jusqu’au bout de la faveur du roi et – fait rarissime – de son amitié. En retour, l’artiste lui léguera en 1693 une partie de ses collections. 

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Jardin Le Nôtre

Michel Villedo

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Michel Villedo fut à Paris l’un des émigrants creusois les plus célèbres du temps de la monarchie. Apprenti maçon sous Henri IV, il gravit tous les échelons de ce métier pour devenir sous Louis XIII entrepreneur puis en 1637 maître général  des oeuvres de maçonnerie et bâtiments du roi, avec la juridiction qui y était attachée. Il s’agissait d’une charge importante de l’Etat. Le maître général  inspectait les travaux d’intérêt public et les alignements des maisons qui risquaient de porter atteinte à la voirie. Il avait aussi un rôle de garde du métier, présidant la réception des candidats à la maîtrise. Enfin, il exerçait la justice sur les gens du métier. Deux de ses fils, François et Guillaume, furent aussi maîtres généraux après lui.

Il participa à de nombreux chantiers parisiens. L’une de ses premières entreprises importantes fut la construction en tout ou partie pour Lamoignon, vers 1625, du château de Baville, au sud de Paris. Il eut une activité importante dans le quartier du Marais, dont il lotit une grande partie et où il construisit des maisons mais aussi deux églises: en 1632-1634, sur le plan de François Mansard, il édifia, rue Saint Antoine  l’église de la Visitation-Sainte-Marie et,  rue du Temple , il reprit en 1643 pour l’achever vers 1646 la construction de l’église Sainte Elisabeth, commencée en 1628 par le maître maçon Louis Noblet et arrêtée en 1631. En respectant les plans probablement dûs à François Mansard, il termina en 1649-1650 l’hôtel d’Aumont, édifié pour le financier Michel Antoine Scarron et qui passa à la mort de celui-ci en 1655 à son gendre, le Maréchal de France Antoine d’Aumont.

Il eut un rôle majeur dans les premiers chantiers d’envergure de l’architecte parisien Louis le Vau (hôtel de Guillaume de Bautru en 1634 et celui de François Petit, rue de Turenne en 1638). Il proposa au cardinal de Richelieu le plan d’un canal semi-circulaire allant de l’Arsenal aux Tuileries mais le projet ne fut pas retenu. Il construisit à l’emplacement de la tour de Nesle et de ses dépendances tout un quartier qui fut rasé plus tard pour édifier le Palais Mazarin. En 1641, il construisit le marché aux chevaux du faubourg Saint-Victor, diverses maisons de la rue Richelieu. Il aménagea le Palais de Justice, éleva entre 1636 et 1659 l’hôtel Montyon dans la rue Guénégaud. Il dirigea la construction de plusieurs parties du Louvre dont l’étage  de l’escalier Pierre-Lescot en 1639. Le château de Saint-Germain-en-Laye porte sa marque. A son initiative  fut entrepris, dans le quartier Saint Roch, l’aplanissement de la  Butte aux Moulins constituée, sous François Ier, par l’amoncellement des gravois résultant des travaux de fortification de l’enceinte Charles V. Il y fit élever un nombre important de maisons. En 1650, il  possédait un hôtel au 35 de la rue de Turenne.

La plus importante réalisation de sa carrière fut cependant le château de Vaux-le-Vicomte, commandé en 1656 par le surintendant des finances Nicolas Fouquet. Il édifia le château sous la direction de l’architecte André Le Vau tandis que Le Brun en dirigea la décoration et Le Nôtre la création des jardins.

Une rue ouverte en 1639, qui joint la rue de Richelieu et la rue Sainte-Anne, porte son nom depuis 1655. En 1677, son fils François, qui lui avait succédé comme maître général, eut l’honneur de tendre au roi le marteau avec lequel celui-ci frappa quelques coups lors de la pose solennelle de la première pierre de la colonnade du Louvre.

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